Renseignements clés
- Les cybercriminels tirent parti de l'IA pour automatiser et améliorer les rançongiciels, l'hameçonnage et les attaques par hypertrucage, rendant les menaces plus rapides et plus sophistiquées.
- Les chaînes d'approvisionnement numériques sont de plus en plus visées, leur vulnérabilité étant exploitée par des attaques basées sur l'IA qui peuvent se propager en cascade parmi les réseaux d'entreprise.
- Si les entreprises investissent dans des outils de cybersécurité basés sur l'IA, la plupart d'entre elles peinent encore à prendre en compte l'ensemble des risques cybernétiques liés à l'IA.
- Pour renforcer la cyberrésilience, il faut aujourd'hui à la fois des technologies de pointe et un personnel bien formé, car la vigilance humaine reste un rempart essentiel.
Le paysage des cyberrisques évolue sans cesse, à mesure que les méthodes employées par les cybercriminels changent constamment. Les attaques par rançongiciel, qui ont proliféré au cours des dernières années, sont passées d'une approche initiale de diffusion à des tactiques plus ciblées et sophistiquées.
Une autre évolution majeure dans les attaques par rançongiciel est la probabilité croissante de compromissions pour exposer des vulnérabilités dans les chaînes d'approvisionnement numériques, les violations de données se répercutant ensuite dans les réseaux d'entreprise.
« Certaines des réclamations les plus importantes de ces 12 derniers mois ont été liées à des incidents impliquant des tiers de confiance, des attaques qui ont eu un impact direct sur leur chaîne d'approvisionnement », explique Tom Mooney, directeur de la cyberstratégie au sein de la division Gestion des risques cybernétiques chez Gallagher.
Il poursuit : « Si vous effectuez régulièrement des analyses (de sécurité), vérifiez-vous les vulnérabilités connues au sein de votre chaîne d'approvisionnement? En réalité, c'est là que se trouve votre vecteur de menace. »
Les récentes cyberattaques visant des entreprises de premier plan ont mis en évidence la menace croissante que représentent les cas de « triple extorsion », dans lesquels la « double extorsion » (chiffrement et exfiltration des données) est aggravée par la menace d'une attaque par déni de service distribué (Distributed Denial-of-Service, DDoS) contre les systèmes de l'entreprise. En 2025, les détaillants britanniques ciblés de cette manière n'ont pas été en mesure de réapprovisionner leurs magasins et ont dû suspendre les ventes en ligne.
Utilisation croissante de l'IA en cybersécurité : Menaces émergentes
Les pirates utilisent de plus en plus des outils d'IA pour affiner et automatiser les attaques par rançongiciel, ainsi que pour exploiter les vulnérabilités des systèmes informatiques et des chaînes d'approvisionnement numériques.
Les cybercriminels exploitent généralement des failles connues, ou des vulnérabilités courantes (Common Vulnerability Exposures, CVE), pour accéder aux systèmes des entreprises. Auparavant, la recherche et l'exploitation des CVE pour orchestrer des violations de données constituaient un processus manuel fastidieux pour les pirates informatiques. Il est désormais beaucoup plus facile de repérer les vulnérabilités (CVE) grâce à l'IA et en exploitant le marché du cybercrime accessible sur le Web clandestin.
« Ce qui prenait auparavant des semaines peut désormais être fait en moins d une minute », explique Johnty Mongan, responsable de la Gestion des risques cybernétiques chez Gallagher. « ChatGPT peut m'indiquer quelle vulnérabilité CVE a la plus grande portée, citer 5 grands fabricants qui utilisent cette technologie et me donner les 1 000 mots de passe les plus courants utilisés par les entreprises, puis me rédiger un script Bash pour une attaque par force brute. »
L'IA donne également un coup d'accélérateur aux techniques de piratage psychologique. Il est d'une facilité déconcertante pour les cybercriminels de trouver des informations accessibles à tous concernant des personnalités clés d'une organisation, informations qui peuvent ensuite être utilisées pour accéder aux systèmes de l'entreprise.
Grâce à la puissance de l'IA générative, les acteurs malveillants peuvent créer des messages et des courriels convaincants d'hameçonnage ciblé, des messages téléphoniques d'hameçonnage vocal (« vishing ») et des hypertrucages vidéo créés par des pirates informatiques se faisant passer pour des collègues haut placés, afin de persuader les employés de l'entreprise de divulguer des données sensibles ou de transférer des fonds.1