Deux provinces, deux directions
Le paysage de l'assurance automobile au Canada se trouve à un carrefour déterminant. En seulement douze mois, deux des plus grandes provinces du pays transformeront fondamentalement la façon dont les victimes d'accident seront indemnisées, l'attribution des risques et le service offert par les courtiers aux clients. Pourtant, malgré un même objectif de modernisation des systèmes désuets, l'Ontario et l'Alberta prennent des directions remarquablement différentes.
L'Ontario s'éloigne de son cadre d'avantages sans égard à la faute établi pour adopter un modèle à la carte plus litigieux
À compter du 1er juillet 2026, les modifications apportées à l'Annexe sur les indemnités d'accident légales (AIAL) en vertu du Règlement 383/24 de l'Ontario feront passer la plupart des indemnités d'accident (y compris le remplacement du revenu, l'indemnité pour l'aidant, l'indemnité pour personne sans salaire, l'entretien ménager, le décès et les prestations funéraires) d'inclusions obligatoires à ajouts facultatifs1. Seules les prestations de soins médicaux, de réadaptation et de soins auxiliaires demeureront obligatoires. Bien qu'elle soit désignée comme un choix du consommateur, la conséquence pratique est un transfert important du risque financier aux individus. Étant donné que moins de titulaires de police ont ces protections, les pertes non couvertes seront de plus en plus poursuivies par le biais du système de responsabilité délictuelle, ce qui entraînera plus de litiges2. Les consommateurs sont invités à prendre des décisions complexes concernant le transfert de risque pour des économies qui peuvent ne représenter que quelques dollars par mois, tout en s'exposant à des coûts dévastateurs potentiels.
Cela contraste avec la direction prise par l'Alberta
En vertu du projet de loi 47 et de la nouvelle Loi sur l'assurance automobile, l'Alberta remplace son système de responsabilité délictuelle fondé sur la faute par un modèle complet de « Care-First (Soins d'abord) » à compter du 1er janvier 20273. L'approche de l'Alberta élimine la plupart des poursuites, améliore considérablement les prestations légales (frais médicaux et de réadaptation illimités, remplacement du revenu de 90 % jusqu'à concurrence de 125 000 $ du revenu annuel brut et paiements forfaitaires pour dépréciation permanente jusqu'à concurrence de près de 300 000 $) et canalise les différends par l'entremise d'un nouveau Tribunal d'abord sur les soins automobiles, le tout dans le but déclaré de prioriser le recouvrement des litiges4.
En revanche, la réforme de l'Ontario réoriente le risque financier vers les particuliers et les familles. En rendant les avantages essentiels facultatifs, la province demande aux consommateurs de prendre des décisions complexes en matière de transfert de risque, souvent pour économiser seulement quelques dollars par mois, tout en exposant au risque ceux qui choisissent de ne pas assumer des coûts dévastateurs5. Pour les courtiers et les conseillers en gestion des risques, cette divergence représente à la fois un défi et une occasion : la nécessité d'obtenir des conseils d'experts n'a jamais été aussi importante, et les conséquences d'une erreur n'ont jamais été aussi graves.
Cet article examine les deux modèles de réforme, explore l'ancien système de l'Ontario, ce vers quoi la province évolue et comment l'approche « Care-First (Soins d'abord) » de l'Alberta offre une vision contrastante pour l'avenir de l'assurance automobile au Canada.
Assurance automobile de l'Ontario : Ancien système
Depuis des décennies, l'Ontario exploite un système d'assurance automobile hybride qui combine des indemnités d'accident légales sans égard à la faute avec un droit limité de poursuite, disponible uniquement lorsque le « seuil verbal » de la Loi sur l'assurance est atteint (décès, défiguration grave permanente ou déficience grave permanente d'une fonction physique, mentale ou psychologique importante) et, dans la plupart des cas, uniquement pour les dommages non pécuniaires (douleur et souffrance). Selon ce modèle, chaque police d'assurance automobile comprenait automatiquement un ensemble complet d'avantages, peu importe la faute :
- Prestations médicales, de réadaptation et de soins auxiliaires pour les traitements liés aux accidents
- Prestations de remplacement du revenu pour les personnes incapables de travailler en raison de blessures automobiles
- Avantages pour les personnes sans salaire pour les étudiants, les retraités et les parents qui restent à la maison
- Prestations aux aidants et aux personnes à charge
- Avantages liés à l'entretien ménager
- Indemnité funéraire et de décès
Cette structure a servi de filet de sécurité financière. Que vous soyez un assuré désigné, un passager, un piéton ou un cycliste heurté par un véhicule, vous avez accès à une base de protection. Les régimes privés d'assurance maladie ont souvent agi comme couche secondaire, alors que les assureurs automobiles interviennent une fois que leur couverture était épuisée7.
Bien que ce ne soit pas sans ses failles (les limites des prestations ont été réduites dans les révisions de 2010 et de 2016 de l'AIAL, et les litiges au Tribunal d'appel en matière de permis étaient communs), le système a néanmoins fourni une base prévisible et normalisée qui couvrait toutes les parties impliquées dans un accident8.
Réforme de l'AIAL de l'Ontario : Ce vers quoi nous allons
À compter du 1er juillet 2026, l'AIAL de l'Ontario passera d'un régime complet et normalisé à un modèle facultatif. Les changements sont décrits dans le Règlement de l'Ontario 383/24 et représentent l'une des restructurations les plus importantes du système d'assurance automobile de la province depuis des décennies1.
Ce qui demeure obligatoire
Les garanties obligatoires constituent les prestations d'accident de base qui demeurent incluses dans chaque police automobile de l'Ontario. En termes pratiques, elles financent les traitements et les soutiens raisonnables et nécessaires après un accident de voiture, comme les services de soins de santé, l'aide à la réadaptation et au rétablissement, et le soutien aux soins personnels lorsqu'une personne blessée ne peut pas effectuer ses activités quotidiennes essentielles, sous réserve des limites minimales fixées dans l'AIAL (avec des limites plus élevées disponibles pour les blessures plus graves ou au moment de l'achat des limites augmentées facultatives).
- Prestations médicales pour le traitement raisonnable et nécessaire (p. ex., évaluations et services de soins de santé réglementés), sous réserve des limites minimales de l'AIAL
- Prestations de réadaptation pour les services de rétablissement (p. ex., réadaptation physique/professionnelle et soutien connexe), sous réserve des limites minimales de l'AIAL
- Prestations de soins aux préposés pour l'aide à la vie quotidienne (soutien aux soins personnels lorsqu'une personne blessée a besoin d'aide pour ses activités habituelles), sous réserve des limites minimales de l'AIAL
- Blessure mineure (Soins médicaux et de réadaptation seulement) : 3 500 $
- Blessure non catastrophique : 65 000 $
- Blessure catastrophique : 1 000 000 $
Qu'est-ce qui devient facultatif dans la réforme de l'AIAL?
Toutes les autres indemnités d'accident deviendront facultatives le 1er juillet 2026, ce qui signifie que les clients peuvent choisir de les inclure et de payer la prime en conséquence. Ces options sont conçues pour remplacer le revenu et rembourser les dépenses remboursables qui ne sont pas prises en charge par les prestations obligatoires de soins médicaux/de réadaptation/de soins aux aidants, et elles peuvent être particulièrement importantes pour les usagers sans invalidité robuste en milieu de travail ni soutien familial.
- Prestation de remplacement du revenu (PRR) : Remplace une partie du revenu d'emploi/de travail autonome lorsqu'une blessure liée à un accident automobile empêche la personne assurée de travailler.
- Indemnité pour personne sans revenu d'emploi : Prestation hebdomadaire aux personnes sans salaire admissibles (p. ex., étudiants, retraités) dont la capacité à mener une vie normale est considérablement touchée.
- Soins aux aidants et aux personnes à charge : Aide à payer les frais de soins alternatifs et les frais de soins aux enfants/personnes à charge lorsque la personne responsable principale est blessée et ne peut pas accomplir ces tâches.
- Entretien ménager et entretien de la maison : Remboursement des dépenses raisonnables pour l'entretien ménager lorsque la personne blessée ne peut pas effectuer ces tâches essentielles.
Frais de visite : Remboursement de certains frais de déplacement, de stationnement ou de repas pour les membres de la famille ou les visiteurs qui vont voir une personne blessée (p. ex., à l'hôpital ou pendant le traitement), lorsque cela est admissible.
Frais liés à la scolarité perdue : Remboursement des coûts admissibles et irrécupérables liés à la formation (comme les frais de scolarité) lorsqu'une blessure perturbe le cours des études.
Dommages aux articles personnels : Remboursement des dommages ou de la perte de biens personnels portés ou transportés au moment de l'accident (p. ex., vêtements, lunettes, prothèses auditives), le cas échéant.
Renouvellements par rapport à de nouveaux clients
Les polices qui sont renouvelées à compter du 1er juillet 2026 seront reportées (ou seront automatiquement renouvelées avec l'indemnité d'accident avant le 26 juillet, à moins que le client ne se retire ou ne modifie ses choix. En revanche, les nouvelles polices souscrites à compter du 1er juillet 2026 ne seront assujetties qu'aux prestations obligatoires, à moins que le client n'accepte activement les prestations facultatives.
Principaux changements structurels à la réforme de l'AIAL
Règle du premier payeur
Les assureurs automobiles deviennent le premier payeur des prestations obligatoires de soins médicaux et de réadaptation, avant les régimes de santé au travail. Il s'agit d'une simplification bien accueillie qui élimine d'abord la complexité bureaucratique associée à l'épuisement des prestations privées9.
Admissibilité réduite
Les prestations facultatives sont limitées à l'assuré désigné, à son conjoint, aux personnes à charge et aux conducteurs inscrits, ce qui signifie que les décisions de couverture prises sur une police peuvent ne pas accompagner la personne blessée dans des scénarios réels. Les piétons et les cyclistes frappés par un véhicule, les passagers qui n'ont pas leur propre police d'assurance automobile et les conducteurs non inscrits peuvent n'avoir accès à aucun remplacement de revenu facultatif, à aucun aidant, à aucun entretien ménager ni à aucun avantage similaire, sauf s'ils sont admissibles en vertu d'une autre police d'assurance du ménage.
Cela crée des lacunes imprévisibles (en particulier pour les ménages qui ont plusieurs véhicules ou mixtes), augmente la friction au moment de la réclamation en ce qui concerne « la police de quelle partie s'applique » et peut transformer les pertes autrement assurées en réclamations délictuelles et en frais pour les parties blessées.2
Avenant FMPO 47R
Un nouvel avenant enregistre les choix de prestations de chaque titulaire de police et établit des règles de priorité de paiement, et remplace l'ancien FMPO 47.8
Protection de renouvellement
Les polices existantes qui sont renouvelées à compter du 1er juillet 2026 conserveront l'indemnité d'accident préréforme, à moins que l'assuré ne se retire par écrit. En fait, cela assure la continuité pour le renouvellement des clients, mais transfère également la responsabilité pratique aux courtiers : chaque renouvellement devient un exercice de conseils et de documentation où les avantages facultatifs doivent être expliqués clairement (ce qu'ils couvrent, qui est admissible et ce qu'un déclin signifie en dollars après une blessure), et les sélections du client doivent être enregistrées et conservées pour leurs dossiers. Dans un marché où de nombreux clients sont très soucieux des primes, il y aura une forte pression pour « réduire » les avantages facultatifs pour faire des économies modestes; les courtiers devront traduire ces économies en perte de protection correspondante (remplacement du revenu, soins aux aidants/personnes à charge, entretien ménager, décès/funérailles, etc.) et s'assurer que le client fait un choix éclairé, pas un choix par défaut.
L'impact opérationnel est important : conversations de renouvellement plus longues, plus de suivi et exposition accrue aux erreurs et aux omissions si les avantages ne sont pas offerts, compris et correctement refusés. Cependant, les nouvelles polices souscrites à compter du 1er juillet 2026 ne comprendront que les minimums obligatoires par défaut, à moins que le client n'y consente activement. Par conséquent, il est essentiel de s'assurer que le client comprenne très bien les choix de couverture disponibles, car les lacunes dans la divulgation, la documentation ou le consentement éclairé peuvent augmenter le risque de plaintes, d'allégations d'erreurs et d'omissions et de réclamations pour négligence ou de fausse déclaration à la suite d'une perte5.
Modèle « Care-First (Soins d'abord) » de l'Alberta : Une vision contrastante
Bien que l'Ontario passe à de plus grandes options et à une couverture axée sur le consommateur, l'Alberta prend la voie opposée. En vertu de la Loi sur l'assurance automobile (projet de loi 47), l'Alberta remplacera son système actuel de responsabilité délictuelle fondé sur la faute par un modèle complet sans égard à la faute offert par le secteur privé et appelé « Care-First (Soins d'abord) ». Le nouveau régime entre en vigueur le 1er janvier 20273.
Assurance automobile de l'Alberta : Ancien système
Le système existant de l'Alberta repose sur un cadre délictuel fondé sur la faute, complété par des prestations modestes de la section B : couverture médicale plafonnée à 50 000 $ (généralement pendant deux ans), remplacement hebdomadaire du revenu plafonné à 600 $ pendant une période maximale de 104 semaines et prestations limitées aux survivants (environ 10 000 $ pour un conjoint). Un recouvrement supplémentaire significatif, y compris des dommages-intérêts non pécuniaires, reste généralement disponible uniquement dans le cadre d'un litige10.
Ce vers quoi l'Alberta se dirige en vertu du modèle « Care-First (Soins d'abord) »
« Care-First (Soins d'abord) » représente une expansion spectaculaire des prestations légales, alors que les niveaux de couverture sont comparés au système sans égard à la faute du Manitoba. Les principales améliorations comprennent :
- Soins médicaux et réadaptation. Illimité pour toutes les dépenses raisonnables et nécessaires, potentiellement à vie
- Remplacement du revenu. 90 % du revenu net (jusqu'à 125 000 $ de revenu annuel brut), payable jusqu'à 65 ans
- Incapacité permanente. Paiements forfaitaires allant jusqu'à environ 298 520 $ pour les blessures catastrophiques
- Indemnités de décès. Jusqu'à 600 000 $ pour un conjoint (selon le revenu)
- Droit d'intenter des poursuites. Très restreint, car le modèle est conçu pour rendre les poursuites en justice inutiles en offrant des avantages sans égard à la faute plus larges et axés sur les soins et en acheminant les litiges par l'entremise du Tribunal automobile « Care-First (Soins d'abord) » plutôt que des tribunaux. Le droit d'intenter des poursuites n'est conservé que dans des circonstances étroitement définies, comme des infractions graves au Code criminel ou à la Loi sur la sécurité routière, et pour les pertes économiques excédentaires non couvertes par le régime d'avantages sociaux prévu par la loi4.
Les litiges sont traités par un nouveau Tribunal automobile « Care-First (Soins d'abord) » plutôt que par le système judiciaire, et les avantages s'appliquent à toutes les parties, peu importe la faute, y compris les conducteurs, les passagers, les piétons et les cyclistes responsables11.
Comparaison et contraste : Ontario et Alberta
Le tableau suivant présente les différences fondamentales entre la réforme de l'AIAL de l'Ontario et le modèle « Care-First (Soins d'abord) » de l'Alberta :
| Caractéristique | Ontario (à compter du 1er juillet 2026) | Alberta (à compter du 1er janvier 2027) |
| Direction de la réforme | Passage des avantages sociaux obligatoires sans égard à la responsabilité au modèle facultatif à la carte | Passage d'un système de responsabilité délictuelle à un modèle complet sans égard à la faute |
| Indemnités obligatoires | Soins médicaux, de réadaptation et soins auxiliaires seulement | Toutes les prestations de base sont obligatoires : soins médicaux, réadaptation, remplacement du revenu, déficience permanente et prestations de décès |
| Remplacement du revenu | Facultatif — le consommateur doit s'inscrire | Obligatoire — 90 % du revenu net jusqu'à concurrence de 125 000 $ brut, payable jusqu'à l'âge de 65 ans |
| Limites de soins médicaux et de réadaptation |
Établies par la réglementation; |
Illimité pour toutes les dépenses raisonnables et nécessaires |
| Droit d'intenter des poursuites | Retenu pour blessures graves et pertes économiques; devrait augmenter à mesure que les prestations sont abandonnées |
Très restreint. Les poursuites civiles se limitent généralement à :
|
| Résolution des litiges | Tribunal d'appel en matière de permis et tribunaux | Nouveau Tribunal automobile « Care-First (Soins d'abord) » |
| Personnes couvertes (pour les prestations facultatives) | Assuré désigné, conjoint, personnes à charge et conducteurs inscrits seulement | Toutes les parties, peu importe la faute : conducteurs, passagers, piétons et cyclistes |
| Impact de la prime | Économies minimales à la désinscription | Réductions de primes prévues en raison de l'élimination des frais de litige |
| Perspectives des litiges | Augmentation prévue des réclamations pour délits, car les pertes non couvertes sont transférées aux tribunaux | Réduction importante puisque la plupart des poursuites ont été éliminées |
La divergence est claire. L'Alberta centralise la protection et élargit les avantages tout en éliminant les litiges. L'Ontario décentralise la couverture, impose le fardeau de la prise de décision aux consommateurs et, ce faisant, crée des conditions pour une activité délictuelle accrue. Les deux provinces disent agir pour favoriser l'abordabilité et les choix pour les consommateurs, mais les approches ne pourraient pas être plus différentes12.
Les conséquences associées au risque : Ce que cela signifie pour les parties prenantes
De la couverture standard au choix : Un changement d'attribution du risque
La réforme mise en œuvre par l'Ontario n'est pas simplement une mise à jour des produits d'assurance, c'est une réattribution fondamentale du risque. En rendant les prestations essentielles facultatives, la province transfère l'exposition financière des assureurs aux particuliers et aux familles. Pour ceux qui se retirent, les conséquences d'un accident grave pourraient être financièrement dévastatrices.
Les populations les plus vulnérables à ce changement sont, entre autres, les travailleurs autonomes, les entrepreneurs indépendants, les retraités, les étudiants et les parents qui restent à la maison, des groupes qui n'ont souvent pas d'autre couverture d'invalidité en milieu de travail. L'hypothèse selon laquelle les avantages sociaux de l'employeur combleront l'écart est, dans de nombreux cas, une idée fausse dangereuse.
L'illusion de faire des économies
Les commentaires de référence suggèrent que le retrait des indemnités d'accident peut réduire les primes de façon modeste, souvent d'un montant qui peut sembler s'ajouter à une facture mensuelle. Pourtant, les avantages, en particulier le remplacement du revenu, peuvent représenter des dizaines de milliers de dollars en soutien perdu à la suite d'une grave collision5. La tolérance au risque, et non le prix, devrait guider les décisions de couverture.
Lorsque les prestations deviennent facultatives, les litiges deviennent inévitables
Avec moins d'avantages sans égard à la responsabilité disponibles, les pertes qui auraient été absorbées par le filet de sécurité de l'AIAL seront de plus en plus poursuivies par le biais du système de responsabilité délictuelle. Cela a des répercussions importantes pour les employeurs, les municipalités, les propriétaires de flotte et toute personne exposée à la conduite. Des délais plus longs, une plus grande incertitude et des coûts juridiques plus élevés devraient être anticipés2.
Qui tombe entre deux chaises?
En vertu du nouveau cadre, les prestations facultatives sont limitées aux assurés désignés, à leur conjoint, aux personnes à charge et aux conducteurs inscrits. Les piétons frappés par un véhicule, les passagers sans leur propre police et les cyclistes peuvent se retrouver sans accès à des prestations essentielles de remplacement du revenu, de soins aux aidants, de décès et de funérailles. Cela met en place une couche d'inégalité de risque qui n'existait pas dans le modèle standard précédent7.
La conversation dans la salle de conférence
Pour le public d'entreprise, la réforme modifie l'interaction entre l'assurance automobile, les avantages sociaux collectifs, les programmes d'invalidité et la couverture des erreurs et omissions. Les gestionnaires des risques et les dirigeants des RH doivent comprendre comment les changements à l'AIAL ont une incidence sur l'obligation de diligence, la coordination des avantages sociaux et la gouvernance, en particulier pour les organisations ayant une exposition importante à la conduite.
Le nouveau rôle du courtier
Dans un monde de couverture à la carte, la qualité des conseils des courtiers est plus importante que jamais. La documentation, l'éducation et la prise de décisions éclairées sont maintenant essentielles, non seulement pour la protection des clients, mais aussi pour la gestion de l'exposition aux erreurs et omissions des courtiers. Cela est particulièrement vrai au renouvellement, où la « continuité » peut masquer la nécessité d'avoir une conversation explicite et documentée sur les avantages qui sont conservés, ce qui peut être refusé et ce que cette décision signifie en dollars pratiques après une blessure. Les courtiers devront également soutenir une admission plus approfondie et une recherche plus approfondie des faits (état d'emploi, couverture d'invalidité existante, conducteurs du ménage et qui sont susceptibles d'être blessés en tant que passager, piéton ou cycliste) afin que les clients puissent faire des choix bien informés qui reflètent leur profil de risque et leur situation personnelle. L'avenant FMPO 47R formalise le dossier quant à ce qui a été offert et à ce qui a été accepté ou refusé, faisant des conversations approfondies avec les clients une obligation professionnelle et un impératif de gestion des risques13.
Progressions dans deux chemins de réforme
Les deux plus grandes réformes de l'assurance automobile au Canada au cours d'une génération avancent dans des directions opposées. L'Alberta élargit les protections obligatoires et supprime les litiges de l'équation. À l'inverse, l'Ontario réduit les protections obligatoires et crée des conditions qui entraîneront probablement plus de réclamations devant les tribunaux.
Pour les courtiers et les conseillers en gestion des risques, le message est clair : l'ère de l'assurance automobile standardisée de type « adopter et ne plus y penser » prend fin. Les clients ont besoin de conseils proactifs pour avancer dans le nouveau paysage de la couverture, que ce soit en optant pour les bons avantages sociaux en Ontario ou en comprenant les droits améliorés dans le cadre du système « Care-First (Soins d'abord) » de l'Alberta.
Le moment est venu d'agir. Les changements en Ontario entreront en vigueur le 1er juillet 2026 et l'Alberta suivra le 1er janvier 2027. Passez en revue votre couverture, engagez vos clients et assurez-vous que les choix effectués aujourd'hui résisteront aux réalités de demain.