L'industrialisation, l'intelligence et la gestion des risques redéfinissent le secteur canadien de la construction en 2026.
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Le secteur canadien de la construction amorce l'année 2026 à un tournant, porté par la croissance des centres de données, les investissements dans les infrastructures, la construction industrialisée et une gestion des risques davantage axée sur les technologies.

Alors que les entrepreneurs s'adaptent aux pénuries de main-d'œuvre, à la construction modulaire, à l'adoption de la construction en bois massif, à l'exécution de projets rendue possible par l'intelligence artificielle (IA) et à l'évolution des exigences en matière d'assurance, les entreprises les mieux positionnées pour l'année à venir seront celles qui harmoniseront leurs modèles d'exécution, leurs stratégies de main-d'œuvre et leurs programmes de gestion des risques avec un environnement de construction plus rapide et plus complexe.

Renseignements clés

  • Les projets de centres de données et d'infrastructures stimulent la croissance, mais ils s'accompagnent de risques et de défis uniques.
  • Les activités fondées sur les données, alimentées par l'intelligence artificielle (IA) et l'Internet des objets (IdO), améliorent la gestion des projets et la sécurité.
  • Les initiatives en matière d'assurance mettent désormais l'accent sur des mesures de sécurité fondées sur les technologies, comme les caméras orientées vers l'avant et la télématique.
  • La fabrication dans le secteur de la construction introduit de nouveaux profils de risque, notamment avec des matériaux comme le bois massif.
  • La construction modulaire transforme la coordination des projets, mais exige des considérations particulières en matière d'assurance.
  • Les solutions de dotation en personnel flexibles et les rôles hybrides permettent de combler le déficit de compétences et la pénurie de main-d'œuvre.

1. Le marché de la construction se tourne vers l'essor des centres de données et des infrastructures

L'adoption de l'IA et l'expansion des fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle alimentent une nouvelle vague de développement des centres de données. Le coût de la construction de centres de données au Canada a atteint 4,6 G$ (3,34 G$ US) en 2025 et devrait atteindre 8,6 G$ (6,27 G$ US) d'ici 20311.

Les projets d'infrastructures, notamment dans les secteurs des transports, des services publics, de l'eau et de l'énergie, demeurent actifs au Canada, où 1,25 G$ ont été investis au cours du seul premier trimestre de 20262.

Ces nouveaux domaines d'activité ne sont pas sans risques ni défis.

Par exemple, l'envergure des projets de centres de données exige la présence de milliers de travailleurs pour assurer des quarts de travail 24 h/24 et 7 j/7. Étant donné que ces projets nécessitent d'importantes quantités d'énergie, il existe une demande supplémentaire pour la construction d'infrastructures énergétiques et électriques majeures parallèlement aux centres de données.

La valeur des projets de centres de données est généralement comprise entre 5 et 15 milliards de dollars, ce qui met à rude épreuve les exigences des prêteurs et la capacité du marché de l'assurance. De nombreux sites exigent des programmes distincts pour le noyau et l'enveloppe du bâtiment ainsi que pour les équipements, avec une forte implication des entrepreneurs. Bon nombre des projets les plus importants et les plus complexes exigent un programme de transition entre l'assurance des risques du constructeur et l'assurance des biens stabilisés, qui reflète l'interface particulière entre les phases de construction et d'exploitation.

Ces mégaprojets d'infrastructures s'échelonnent sur de longues périodes et nécessitent une surveillance réglementaire ainsi qu'une coordination entre de multiples intervenants des secteurs public et privé. Bon nombre de projets reposent également sur des programmes d'assurance contrôlés par le propriétaire ou propres au projet, ce qui amène les entreprises à réévaluer la façon dont les risques sont gérés à grande échelle.

2. Les caméras orientées vers l'avant et la gestion des parcs de véhicules deviennent d'importantes stratégies d'atténuation des risques.

Le nombre croissant de jugements importants en matière de responsabilité civile resserre les attentes des assureurs à l'égard des parcs de véhicules des entrepreneurs. Les assureurs accordent la priorité aux mesures de sécurité fondées sur les technologies, comme les caméras de tableau de bord et les systèmes de télématique. Les caméras orientées vers le conducteur sont utilisées dans les parcs de véhicules présentant un risque plus élevé afin de suivre le comportement de conduite, d'enregistrer les incidents et de mesurer le rendement du parc3.

L'utilisation constante des programmes de caméras et de télématique favorise une conduite plus sécuritaire. En cas d'accident, les images enregistrées par les caméras peuvent être examinées afin de déterminer l'issue des réclamations. L'adoption de cette mesure de sécurité s'accompagne de meilleurs résultats de souscription et peut permettre aux exploitants de parcs de véhicules d'obtenir des primes et des conditions avantageuses.

En utilisant les données de télématique, une organisation peut réduire les coûts de réparation, la consommation de carburant et le risque d'accident, tout en récompensant les conducteurs les plus performants. Au fil du temps, cela peut renforcer son profil de risque et favoriser un plus grand appétit des assureurs, des conditions plus favorables et une capacité d'assurance accrue.

3. Évolution des profils de risque dans la fabrication dans le secteur de la construction

Afin de mieux contrôler les échéanciers et les défis liés à la chaîne d'approvisionnement, de nombreux entrepreneurs se tournent vers des modèles d'exécution industrialisés et la fabrication de composantes dans des environnements contrôlés. Bien que cette approche améliore la prévisibilité et la qualité, elle étend également les risques au-delà du chantier traditionnel et entraîne des expositions aux risques plus couramment observées dans les activités de fabrication.

Le bois massif, y compris le bois lamellé-croisé (CLT), illustre clairement cette évolution. À mesure que les entrepreneurs assument une plus grande responsabilité à l'égard de la fabrication ou de la manutention de composantes de bois d'ingénierie hors chantier, les risques liés à la phase de construction évoluent.

L'exposition à l'eau et à l'humidité pendant la fabrication, l'entreposage et le transport devient une préoccupation majeure, particulièrement avant que les structures soient entièrement fermées. Les dommages peuvent entraîner des retards liés au séchage, à la remise en état ou à la refabrication, prolongeant ainsi les délais des projets et augmentant l'exposition aux coûts.

Des défis plus généraux découlent de l'expérience limitée du secteur en matière de bois massif et d'une exposition inégale à ce matériau, ce qui peut entraîner un examen plus approfondi lors des inspections et de la délivrance des permis.

Du point de vue de l'assurance, la fabrication dans le secteur de la construction modifie à la fois le lieu et la nature de l'exposition aux risques. Les programmes de risques du constructeur ne reflètent pas toujours les valeurs hors chantier, les durées d'entreposage ou les risques liés à la production, tandis que les considérations liées aux produits et aux défauts prennent davantage d'importance à mesure que les entrepreneurs assument des responsabilités traditionnellement assumées par les fabricants.

4. Construction modulaire

La construction modulaire transforme la façon dont le travail est planifié et coordonné en assemblant des bâtiments à partir de grandes sections préfabriquées transportées jusqu'au chantier.6 Les entrepreneurs généraux jouent un rôle clé comme intégrateurs, en veillant à ce que la production en usine, le transport, la préparation du chantier et l'installation soient harmonisés de façon fluide.

Cette approche introduit des considérations particulières en matière de risque et d'assurance. Les principales expositions aux risques comprennent les dommages ou les retards pouvant survenir pendant le transport, l'entreposage hors chantier, le levage ou l'installation, lesquels peuvent entraîner des perturbations immédiates des échéanciers et une augmentation des coûts si les modules sont endommagés ou retardés. La couverture porte notamment sur la protection des marchandises et des biens en transit, les assurances flottantes d'installation, les avenants à l'assurance des risques du constructeur visant les biens hors chantier ou en transit, ainsi que la couverture pour les retards de démarrage des travaux ou les coûts accessoires afin d'atténuer les répercussions sur les échéanciers.

La fabrication hors chantier peut présenter un inconvénient, car les travailleurs peuvent être incapables d'apporter des modifications sur le terrain pour corriger des erreurs de fabrication. Comme les éléments modulaires doivent être fabriqués hors chantier selon des tolérances très strictes, les longs délais nécessaires pour remplacer les éléments endommagés suscitent des préoccupations, ce qui peut entraîner des réclamations plus importantes au titre de l'assurance des risques du constructeur. Lors de la souscription d'une assurance des risques du constructeur pour un projet de construction modulaire, les équipes de conception et de construction devront travailler en étroite collaboration avec leur courtier afin d'expliquer leur approche pour gérer ces risques.

5. Les décisions fondées sur les données dans le secteur de la construction

Les données sont passées du statut de sous-produit de la gestion de projets à celui de principal actif stratégique d'une entreprise de construction.

Selon l'étude sur l'adoption de l'IA de Gallagher, 79 % des dirigeants du secteur de la construction constatent déjà un impact positif de leurs investissements dans l'IA sur leur chiffre d'affaires. Un peu plus de la moitié mesurent activement leur rendement du capital investi et s'attendent à ce qu'il faille, en moyenne, deux ans avant que la valeur générée par l'IA dépasse le coût de sa mise en œuvre.

Des technologies comme les capteurs IdO, la numérisation 3D et les caméras assistées par l'IA réduisent la saisie manuelle des données. Les chantiers collectent de plus en plus d'informations automatiquement, ce qui fournit une image plus précise et plus fiable de l'avancement des projets.

Les données historiques et les jumeaux numériques aident les équipes à dépasser les rapports rétrospectifs pour obtenir une visibilité plus précoce des tendances en matière de sécurité et de performance7.

6. Les enjeux liés à la main-d'œuvre et les solutions de dotation en personnel flexibles

Selon une étude de Gallagher, les coûts de main-d'œuvre, l'accès aux compétences et la disponibilité des travailleurs sont les principales préoccupations du secteur de la construction. Les travailleurs qui prennent leur retraite n'ont pas encore été remplacés par de nouveaux talents; le secteur adopte donc une solution de dotation en personnel flexible en combinant les ressources humaines et la technologie.

Afin de combler le déficit de compétences, les entrepreneurs créent des rôles hybrides qui combinent le savoir-faire traditionnel avec l'utilisation de la technologie de base. Ces travailleurs soutiennent les méthodes de construction modernes tout en demeurant sur le terrain.

Le recours à la main-d'œuvre sur demande, aux sous-traitants spécialisés et aux contrats temporaires avec possibilité d'embauche est de plus en plus fréquent, notamment pour les gestionnaires de projet et les surintendants qui connaissent les outils numériques.

La main-d'œuvre du secteur de la construction au Canada devrait atteindre 1 404 200 travailleurs d'ici 2034 pour répondre à la demande (contre 1 292 600 en 2024) mais les projections actuelles indiquent que ce besoin ne sera pas entièrement comblé en raison des départs à la retraite et du nombre de nouveaux travailleurs qui intégreront le marché du travail8.

Perspectives d'avenir

Les entreprises qui harmonisent leurs modèles d'exécution, leurs stratégies de main-d'œuvre et leurs programmes d'assurance avec les tendances du secteur sont mieux positionnées pour gérer des projets plus vastes et plus complexes.

L'équipe Construction de Gallagher collabore avec ses clients afin d'évaluer les répercussions de ces tendances sur les projets et les programmes d'assurance en cours, et de les aider à déterminer des mesures concrètes pour renforcer leur protection à mesure que les modèles d'exécution continuent d'évoluer.


Sources

1 « Canada data center construction market size & share analysis - growth trends and forecast (2026 - 2031) », Mordor Intelligence, consulté le 1er juin 2026.

2 « Tableau 34-10-0293-01 Investissement en construction de bâtiments », Statistique Canada, consulté le 1er juin 2026.

3 « How Telematics, Cameras, and MVRs Can Mitigate Your Fleet's Auto Liability Risks », Safety National, consulté le 18 mars 2026.

4 « Rapport sur la situation du bois massif au Canada : carte interactive », Ressources naturelles Canada, consulté le 1er juin 2026.

5 « La situation du bois massif au Canada 2021 », Ressources naturelles Canada, 2021. Fichier PDF

6 « Prefabricated Modular Construction: Faster, Smarter Building », MR Civil Engineer, 24 octobre 2025.

7 « Smart Construction: How Digital Twins are Transforming Project Delivery », World Construction Today, consulté le 18 mars 2026.

8 « Canada construction & maintenance looking forward. Highlights 2025-2034 », BuildForce Canada, avril 2025. Fichier PDF


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