Auteurs : Mary Budgell Jarom Moriyama-Bondar Pat Leo
Vous avez mis en place un programme d'avantages sociaux complet et concurrentiel. Couverture des soins de santé, soutien à l'épargne-retraite, protection financière, ressources en santé mentale et programme d'aide aux employés (PAE) : tout est en place.
Pourtant, l'engagement demeure faible, la fidélisation du personnel continue de représenter un défi et les taux d'utilisation ne répondent pas aux attentes. Les membres du personnel savent-ils réellement quels services et quelles ressources sont à leur disposition? Plus important encore, savent-ils comment y accéder, avec confiance, lorsqu'ils en ont le plus besoin?
Bien souvent, l'élément manquant est une stratégie de communication efficace. Le Sondage sur la stratégie et les données de référence sur les avantages sociaux canadiens 2026 de Gallagher met en lumière l'ampleur du défi : seulement 14 % des organisations affirment disposer d'une stratégie « complète » pour communiquer l'ensemble de leurs avantages sociaux.
Alors que les coûts des avantages sociaux augmentent et que les besoins de la main-d'œuvre continuent d'évoluer, des communications claires, pertinentes et transmises au bon moment peuvent aider les membres du personnel à mieux comprendre les ressources mises à leur disposition et à y accéder plus facilement, contribuant ainsi à une expérience de travail qui, dans son ensemble, est plus positive.
Trois raisons pour lesquelles les programmes d'avantages sociaux passent inaperçus
Le même sondage révèle que quatre employeurs sur dix (40 %) estiment communiquer efficacement leur offre globale de rémunération et d'avantages sociaux. « Cela met en évidence un décalage entre les avantages que les organisations offrent et la valeur que les membres du personnel retirent réellement de leur utilisation », explique Mary Budgell, directrice de la pratique de services-conseils en communication chez Gallagher.
Alors, pourquoi des avantages sociaux pourtant essentiels passent-ils souvent inaperçus? Bien que la réponse varie selon l'organisation, sa main-d'œuvre et sa stratégie globale en matière d'avantages sociaux, trois facteurs ressortent le plus souvent :
1. Lorsque les programmes deviennent trop complexes à comprendre
Les programmes globaux de rémunération et d'avantages sociaux d'aujourd'hui peuvent être très élaborés et couvrir un large éventail de besoins, allant des soins de santé et du bien-être psychologique à la planification de la retraite. Les membres du personnel peuvent avoir de la difficulté à comprendre les choix qui s'offrent à eux, à déterminer quels avantages répondent à leur situation ou à savoir quelles démarches entreprendre.
Le défi s'accentue lorsque les organisations misent sur une approche de communication uniforme pour l'ensemble du personnel. Les guides des avantages sociaux, les formulaires liés à la retraite et les documents de politique peuvent contenir toute l'information nécessaire, mais un langage technique et des dispositions complexes peuvent décourager les personnes qui tentent de s'y retrouver.
2. Lorsque les messages se perdent dans le bruit ambiant
L'essor du travail à distance et du travail hybride a multiplié les canaux de communication et a accru le volume de messages auxquels les personnes sont exposées au quotidien. Courriels, rappels de réunions, mises à jour de projets et annonces organisationnelles se disputent tous leur attention.
Mais le défi dépasse largement le cadre du travail. Comme le souligne Mary Budgell, les membres du personnel doivent composer, dans leur vie quotidienne, avec une surcharge d'information de plus en plus importante. Même lorsqu'un message est bien conçu, il peut passer inaperçu s'il est reçu au milieu de nombreuses autres priorités, transmis à un moment peu opportun ou perçu comme n'ayant pas d'utilité immédiate.
Dans un tel contexte, la multiplication des communications sur les avantages sociaux et sur l'épargne-retraite a peu de chances, à elle seule, d'accroître la mobilisation.
3. Lorsque les avantages sociaux sont difficiles d'accès au moment où l'on en a le plus besoin
Les avantages sociaux prennent toute leur importance lors d'événements marquants de la vie, comme l'arrivée d'un enfant, lorsqu'un problème de santé survient ou lors de la préparation à la retraite. Dans ces moments-là, les membres du personnel ont besoin d'un accès rapide à une information claire, au moyen de ressources faciles à trouver et à utiliser.
Le défi ne réside pas toujours dans la connaissance des avantages offerts, mais plutôt dans leur accessibilité. Même lorsqu'ils savent qu'un avantage existe, les membres du personnel peuvent avoir de la difficulté à trouver l'information dont ils ont besoin ou à obtenir le soutien nécessaire lorsqu'ils sont confrontés à une situation difficile.
Passer de la sensibilisation à l'action : Cinq stratégies clés
Moins de la moitié (48 %) des entreprises canadiennes disposent d'une stratégie visant à accroître la mobilisation de leur personnel. Cette situation représente une occasion d'adopter une approche plus proactive et novatrice en matière de communication sur les avantages sociaux.
Voici quelques pistes à envisager :
1. Placer les membres du personnel au cœur de votre stratégie de communication
La main-d'œuvre d'aujourd'hui est plus diversifiée que jamais et elle regroupe plusieurs générations, différents environnements de travail et une variété de préférences en matière de communication. Une personne travaillant au bureau sera peut-être à l'aise de recevoir de l'information au moyen d'une plateforme numérique, tandis qu'une personne de première ligne n'ayant pas un accès régulier aux outils numériques pourrait être plus réceptive aux messages texte ou aux séances en personne.
Selon Jarom Moriyama-Bondar, vice-président régional, Avantages sociaux collectifs et retraite, Gallagher, l'amélioration de la mobilisation à l'égard des avantages sociaux commence par une remise en question des habitudes de communication bien établies. « Au lieu de se demander : "Comment communiquons-nous habituellement?", les employeurs devraient plutôt se demander : "Comment les membres de notre personnel préfèrent-ils recevoir l'information?" »
Les groupes de discussion, les sondages et la rétroaction du personnel peuvent également aider les employeurs à mieux comprendre les obstacles qui empêchent les personnes de s'intéresser à l'information sur les avantages sociaux. Or, le rapport de Gallagher révèle que plus de 35 % des organisations canadiennes n'ont toujours pas mené de sondage sur la mobilisation de leur personnel.
Dans un environnement où les communications sont de plus en plus nombreuses, transmettre de l'information ne suffit plus. Les messages doivent être pertinents, ciblés et diffusés au bon moment pour inciter les membres du personnel à passer à l'action. Pat Leo, vice-président, Retraite, Toronto, Gallagher Canada, cite les programmes d'épargne-retraite comme un exemple fréquent de manque d'engagement. « Même lorsque les membres du personnel connaissent l'existence de l'avantage offert, ils peuvent tout de même remettre leur adhésion à plus tard et ne pas tirer parti des ressources mises à leur disposition », ajoute-t-il.
2. Transmettre la bonne information au bon moment
Les organisations peuvent investir des sommes importantes dans leurs programmes d'avantages sociaux et d'épargne-retraite, mais ces investissements ne produisent pleinement leurs effets que lorsque les membres du personnel peuvent accéder, au moment opportun, au soutien dont ils ont besoin. Abordant cet enjeu, Mary Budgell souligne : « Même lorsqu'un message est bien rédigé, il risque de passer inaperçu s'il se retrouve en concurrence avec trop d'autres priorités ou s'il est transmis au mauvais moment. »
Pour rendre les programmes plus accessibles, les équipes de communication interne devraient :