Auteur : Brent Brandham
Dans un revirement de situation très bienvenu, le gouvernement fédéral canadien a annoncé, dans son rapport économique du printemps, une enveloppe de plus de 660 millions de dollars pour le financement du sport, ce qui représente l'un des investissements les plus importants réalisés dans le secteur du sport ces dernières années. Ce financement vise à encourager la participation, à moderniser les structures sportives, à renforcer la protection et à aider à stabiliser les organismes confrontés à des difficultés financières persistantes. Pour bon nombre d'organismes nationaux de sport du Canada, cette annonce a été un véritable soulagement, car elle leur a permis de faire face à la hausse des coûts, qui a dépassé l'augmentation des financements et limité leur capacité à honorer leurs obligations croissantes.
Le besoin de financement du sport
Ces obligations ont considérablement changé. La Commission sur l'avenir du sport au Canada a souligné en mars 2026 que la sécurité des athlètes, l'inclusion et une gouvernance efficace sont désormais au cœur de la confiance du public dans le sport. En conséquence, les organismes nationaux et provinciaux ont été invités à mettre en place des cadres de protection, des structures de conformité et des mécanismes de signalement plus rigoureux — sans disposer des moyens financiers nécessaires pour les soutenir. Cette discordance n'est pas le fruit d'un manque de leadership ou d'une intention défaillante; il s'agit d'un problème structurel résultant d'années de sous-financement alors que les exigences n'ont cessé de grandir.
Du point de vue du risque, le problème n'a jamais été aussi évident. C'est une chose d'améliorer les politiques de gestion des risques sur papier, mais sans les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre efficacement à l'échelle nationale, les incohérences en matière de formation, de suivi et d'application sont évidentes. Les modèles de prestation qui reposent largement sur le bénévolat — très courants dans le milieu sportif canadien — sont souvent confrontés à des problèmes de continuité, de fidélisation des compétences et d'épuisement professionnel. Les obligations en matière de sécurité dans le sport, bien qu'importantes et animées de bonnes intentions, ont considérablement alourdi la charge de travail et la charge financière qui pèsent sur les associations chargées de les faire respecter. Dans leur ensemble, ces pressions accentuent l'exposition aux risques physiques, de réputation, financiers et de gouvernance.
Les avantages d'une augmentation du financement en matière de gestion des risques
Ce nouveau financement du gouvernement fédéral offre l'occasion de renverser cette tendance. Grâce à l'augmentation des ressources, les organismes peuvent passer d'une approche réactive à une gestion proactive des risques. La gestion des risques implique notamment d'investir dans des formations de meilleure qualité et de renforcer la surveillance, et de mettre en œuvre des pratiques de gouvernance modernes qui permettent, à terme, de réduire la fréquence et la gravité des incidents. L'assurance et la gestion des risques, lorsqu'elles sont considérées comme un investissement plutôt que comme des coûts fixes, peuvent jouer un rôle stabilisateur, car elles protègent le personnel et les bénévoles, permettent aux organismes de gérer les incidents tout en préservant leur stabilité opérationnelle et budgétaire, et favorisent le lancement ou le développement des programmes en toute confiance.
Alors que les organismes planifient comment déployer ce financement, des considérations supplémentaires entrent en jeu. On ignore encore quelle part de ces fonds est destinée au soutien des athlètes de haut niveau et olympiques, et quelle part servira à favoriser le développement du sport pour les communautés au niveau provincial. Il n'a jamais été aussi important que les associations provinciales travaillent en étroite collaboration avec leur instance dirigeante nationale, de manière efficace et efficiente. Dans le même temps, l'augmentation des financements publics s'accompagne d'une surveillance accrue de la part des bailleurs de fonds, des participants et de la société dans son ensemble. Dans ce contexte, une gestion efficace des risques n'est pas seulement une question de prudence opérationnelle, c'est aussi un moyen de préserver la confiance.
En fin de compte, l'impact de l'investissement de 660 millions de dollars du Canada dans le sport dépendra de la manière dont ces fonds seront utilisés de manière stratégique. Les organismes qui consacrent des ressources financières à la mise en place de pratiques de sécurité durables et cohérentes, au renforcement de la gouvernance et à une gestion proactive des risques seront mieux à même d'offrir des programmes plus sûrs et de meilleure qualité, et de résister aux chocs futurs. S'il est bien mené, cet investissement a le potentiel non seulement de renforcer les systèmes sportifs, mais aussi de les rendre plus résilients; des systèmes où la protection, la participation et la confiance du public se renforcent mutuellement sur le long terme et aident les athlètes canadiens à remonter sur la plus haute marche du podium, là où est leur place.